{"version":"1.0","provider_name":"Sur les Terres d&#039;Altyr","provider_url":"https:\/\/surlesterresdaltyr.com","author_name":"Elisabeth \u00dcbner","author_url":"https:\/\/surlesterresdaltyr.com\/index.php\/author\/admin9336\/","title":"L'Esprit des Choses - Sur les Terres d&#039;Altyr","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"0Dm3gs3vQf\"><a href=\"https:\/\/surlesterresdaltyr.com\/index.php\/lesprit-des-choses\/\">L&rsquo;Esprit des Choses<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/surlesterresdaltyr.com\/index.php\/lesprit-des-choses\/embed\/#?secret=0Dm3gs3vQf\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0L&rsquo;Esprit des Choses\u00a0\u00bb &#8212; Sur les Terres d&#039;Altyr\" data-secret=\"0Dm3gs3vQf\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script type=\"text\/javascript\">\n\/* <![CDATA[ *\/\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/surlesterresdaltyr.com\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n\/* ]]> *\/\n<\/script>\n","description":"Retour aux Menus Carrousels \u00a0 Jeannot l&rsquo;\u00c9pouvantail \u00a0 \u00a0 C\u2019en est bien fini du temps des grands \u00e9pouvantails Fabriqu\u00e9s au printemps, de guenilles et de paille. Jeannot ne fait plus peur. Son histoire se meurt. \u00a0\u00a0 Son sourire \u00e9dent\u00e9 n\u2019a pourtant pas chang\u00e9 Mais ses grands yeux, toujours ouverts sur le potager, N\u2019ont aujourd\u2019hui plus grand-chose \u00e0 surveiller. Voil\u00e0 bien longtemps qu\u2019il ne sait plus effrayer. \u00a0 Le p\u00e8re Andr\u00e9 se faisant vieux et courb\u00e9, \u00c0 petits pas sur sa canne toujours appuy\u00e9, N\u2019est venu que peu de fois cette ann\u00e9e. Quelques laitues et haricots il a plant\u00e9es, Voil\u00e0 tout ce qu\u2019il reste du jardin d\u00e9laiss\u00e9. H\u00e9rissons et musaraignes s&rsquo;en sont all\u00e9s. \u00a0 Les corneilles se perchent sur son heaume, Et le d\u00e9shabillent brin apr\u00e8s brin. Elles feront leur nid de sa chair de chaume, De ses brindilles de chagrin. \u00a0 Lui, dont la pr\u00e9sence fut toujours un bienfait, Aujourd\u2019hui personne ne le remarquerait. Il n\u2019orne m\u00eame plus l\u2019entr\u00e9e de ce verger Que le pinson et la m\u00e9sange ont d\u00e9sert\u00e9. \u00a0 Sa belle chemise rouge s\u2019est d\u00e9lay\u00e9e sous la pluie. Le vent et la gr\u00eale ont bris\u00e9 sa pipe et trou\u00e9 son panier. Ses bretelles ont rendu l\u2019\u00e2me, toutes d\u00e9cr\u00e9pies, Et son pantalon rapi\u00e9c\u00e9, sur ses genoux est tomb\u00e9. \u00a0 Les larmes d\u2019un \u00e9pouvantail, qui s\u2019en soucie\u00a0? O\u00f9 sont pass\u00e9s ses amis, esprits de la nuit Qui venaient danser \u00e0 ses pieds et ravir son c\u0153ur\u00a0? Sous la lune des nuits d\u2019\u00e9t\u00e9, apaisant la chaleur Des journ\u00e9es \u00e0 s\u2019agiter contre les merles chanteurs, Qui venaient grappiller chairs et douces saveurs De framboises et cerises vermeilles, Pour lesquelles jamais il ne sommeille.\u00a0 \u00a0 Que sont devenues ses l\u00e9gendes des cieux, Contant que les mannequins de fagots Furent autrefois mi-hommes, mi-dieux, Gardiens de tr\u00e9sors, ignorant le repos\u00a0? \u00a0 \u00c0 pr\u00e9sent que les ronces s\u2019emparent de lui, Et s\u2019appr\u00eatent \u00e0 le faire dispara\u00eetre, Jeannot ne peut que s\u2019enfoncer dans l\u2019oubli, Dire adieu \u00e0 son pass\u00e9 champ\u00eatre. \u00a0 La Saint-Jean n\u2019a pas voulu de lui. Il y aurait br\u00fbl\u00e9 sous les chants et les cris, Effrayant encore les plus petits, D\u00e9tachant son souvenir, jusque dans leurs lits. \u00a0 Demeurant l\u2019ami de paille \u00e9ternel, Il aurait annonc\u00e9 les r\u00e9coltes des semences. Il se serait fait prometteur d\u2019abondance. Dans les flammes de ce dernier rituel, Il aurait disparu quand finissent les danses. Dans un souffle il aurait atteint le ciel. \u00a0 Mais il n\u2019en est rien, il n\u2019aura pas cette chance. Son galurin tress\u00e9, a cuit au soleil de juillet. Pr\u00eat \u00e0 se briser comme du verre, qu\u2019a-t-il donc fait Pour dispara\u00eetre dans une telle indiff\u00e9rence\u00a0? \u00a0 Jeannot aurait bel et bien \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9, Si de petites mains habiles et gant\u00e9es Ne l\u2019avaient lib\u00e9r\u00e9 de la vigne et du liseron, Et sur un pied de noisetier remis d\u2019aplomb. \u00a0 Un nouveau chapeau, un nouveau pantalon Et un peu plus de foin dans les articulations. La petite Aurore pour le jardin s\u2019est prise de passion. C\u2019est le retour des choux, tomates et potirons. \u00a0 Avec les courgettes, la ciboulette et le cresson, C\u2019est une nouvelle vie plus qu\u2019une autre saison. Le sourire de Jeannot s\u2019\u00e9tire \u00e0 chaque floraison. Sous la glycine, il \u00e9coute les vieux dictons Que le p\u00e8re Andr\u00e9 distribue comme des bonbons. \u00a0\u00a0 La fillette les fredonne tandis que les oiseaux piaillent. Jeannot reste attentif \u00e0 ce qu\u2019ils passent et s\u2019en aillent. Sur ses \u00e9paules de jute, tr\u00f4ne un nouveau chandail, Fier de reprendre son r\u00f4le, il gonfle le poitrail. Le grand-p\u00e8re fume sa pipe, assis pr\u00e8s de l\u2019\u00e9pouvantail, Dans le jardin, les portes du bonheur s\u2019entreb\u00e2illent. \u00a9 \u00a0 \u00a0 A ma grand-m\u00e8re&#8230; \u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 L&rsquo;arbre de No\u00ebl \u00a0 \u00a0 Le nouvel an est pass\u00e9 Les derni\u00e8res \u00e9pines sont tomb\u00e9es Le petit sapin d\u00e9shabill\u00e9 De ses lumi\u00e8res s\u2019est vu d\u00e9pouill\u00e9 Fini No\u00ebl et ses guirlandes Termin\u00e9 le temps des offrandes Que l\u2019on posait \u00e0 son pied Entre les chaussons et la chemin\u00e9e Tout le salon, il avait embaum\u00e9 Les jolies boules de verre Aux reflets de miroir \u00e9ph\u00e9m\u00e8res En leurs papiers s\u2019en sont retourn\u00e9es Au fond des cartons Dormir au grenier Pour quatre nouvelles saisons \u00a0 \u00a0 Qui l\u2019aurait cru\u00a0? Lorsqu\u2019on est venu le chercher Pour lui couper le tronc L\u2019emballer et le transporter Loin de ses jolis vallons O\u00f9 il a pris le temps de grandir Ignorant \u00e0 quoi il allait servir Parti en voyage dans un camion Avec plusieurs de ses compagnons Dispers\u00e9s \u00e0 l\u2019aube aux quatre coins D\u2019une grande ville, aux portes des magasins Les gens press\u00e9s Les bras charg\u00e9s Passaient sans s\u2019arr\u00eater Un enfant s\u2019est approch\u00e9 Puis il s\u2019est \u00e9loign\u00e9 Un monsieur le saisi et le redresse L\u2019examine sans d\u00e9licatesse Pour le choisir, en fait le tour Et l\u2019imagine dans ses plus beaux atours Le voil\u00e0 entr\u00e9 dans une petite maison Aux senteurs de cannelle et de marrons On le d\u00e9tache, il se d\u00e9tend Alors qu\u2019autour de lui les enfants Dansent et sautent en chantant Bient\u00f4t il ploie sous cheveux d\u2019anges Et lumi\u00e8res qui \u00e9tincellent Tout doucement il se change Et il devient l\u2019arbre de No\u00ebl Symbole de vie immortelle Au c\u0153ur de l\u2019hiver Seul reste vert Le sapin en sa terre Sacr\u00e9 et fi\u00e8re \u00a0 \u00a0 D\u00e9but janvier Il ne fait pas bon \u00eatre un sapin coup\u00e9 Le symbole d\u2019\u00e9ternit\u00e9 Sur le bitume se voit pi\u00e9tin\u00e9 Il rejoint les autres abandonn\u00e9s Qui ont \u00e9gay\u00e9 les foyers Cimeti\u00e8re de silence O\u00f9 les \u00e9pines meurent d\u2019impatience Hier encore la s\u00e8ve parcourait ses branches Et ce matin, c\u2019est sur le trottoir qu\u2019il flanche Attendant la benne dans le froid M\u00eame le vent n\u2019est pas celui d\u2019autrefois Il n\u2019est plus que squelette de bois Fant\u00f4me d\u2019arbre de joie Dans le brouillard de tristesse Adieu chaleur, all\u00e9gresse Du matin de cris et de liesse Des cadeaux ouverts dans l\u2019ivresse Des sourires et remerciements Sous son ombrage bienveillant \u00a0 \u00a0 La lumi\u00e8re ne viendra point Le jour ne percera pas La montagne est si loin Et le ciel si bas Un dernier espoir se fait sentir Une \u00e9trange douceur s\u2019installe Les sons...","thumbnail_url":"https:\/\/ekladata.com\/ESsTDyxxd5qU_ktdiZdxpJJ1FLg@250x188.jpg"}